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Vingt-et-une personnes ont été interpellées dans le cadre d'une vaste opération de gendarmerie a été déclenchée, ce lundi matin dans 11 départements français dans le cadre d'une enquête contre un trafic de viande de cheval et de viande en gros.

Ce trafic concerne des chevaux cobayes de laboratoire qui auraient atterri dans l'assiette du consommateur. Auparavant, un boucher de Narbonne (Aude) avait été arrêté ce lundi matin. Cette enquête s'inscrit dans le contexte de l'immense scandale de la viande de cheval qui a touché la France début 2013.

Parmi les 21 personnes interpellées en Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Rhône-Alpes, Auvergne et Midi-Pyrénées figurent plusieurs négociants en viande, dont l'organisateur présumé du trafic et un proche, au moins trois vétérinaires ou encore un informaticien.

Une partie de ces suspects seront présentés dès mardi à la juge d'instruction du pôle de santé de Marseille (Bouches-du-Rhône) Annaïck Le Goff, en charge de cette information judiciaire ouverte pour «tromperie, faux, faux et usage de faux, corruption et association de malfaiteurs».

Les investigations visent essentiellement la mise sur le marché de viande de cheval impropre à la consommation. Elles sont parties du signalement, il y a quelques mois, de viande de cheval ne satisfaisant pas les normes sanitaires dans un abattoir de l'Aude. Une vingtaine d'interpellations étaient prévues, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Elles devaient s'accompagner de perquisitions au siège de négociants en viande et, dans une moindre mesure, dans des abattoirs.

Des chevaux cobayes à 10€ pièce revendus 300 €
Ainsi selon la chaîne M6, en 2 ans, de 2010 à 2012, près de 200 chevaux, des cobayes du laboratoire Sanofi Pasteur qui ont servi à des tests médicamenteux et à des tests de vaccins, auraient été vendus dans des boucheries du grand Sud de la France. Ce serait également le cas en Espagne où un abattoir est en cours de perquisition, près de Gérone.

Le groupe Sanofi a été totalement mis hors de cause dans cette affaire. Les animaux, «identifiés avec des puces électroniques, pour la traçabilité», ne présentent pas de danger pour la consommation humaine, a assuré un porte-parole du groupe. De son côté, le ministre délégué à l'Agroalimentaire Guillaume Garot a indiqué qu'il était impossible «à ce stade» de déterminer si ce trafic a mis en péril la santé des consommateurs.

Toujours selon M6, un marchand de chevaux aurait acheté 200 équidés cobayes au groupe pharmaceutique, au prix de10 euros la pièce entre 2010 et 2012. Cet intermédiaire les revendait ensuite entre 200 et 300 euros la bête au boucher grossiste de Narbonne. Une bonne affaire pour ce marchand qui, en 24 mois, aurait ainsi récolté près de 50.000 euros pour la revente de ces cobayes.

A Narbonne ( Aude), les gendarmes ont ainsi interpellé, ce lundi matin, le boucher grossiste, apparemment à son domicile, soupçonné d’être à l’origine de cette vente frauduleuse de viande de chevaux, venus du laboratoire Sanofi Pasteur d'Alba-la-Romaine (Ardèche), avant de l'emmener sur le site des abattoirs de la ville où pourraient se trouver les bureaux de sa société.

«Nous n'y sommes pour rien», s'est dédouanée Myriam Patrice, directrice de l'abattoir mis en cause. Le négociant placé en garde à vue n'était qu'«un usager de l'abattoir», a-t-elle souligné. «Il y louait des bureaux et frigos et y faisait abattre ses chevaux, sous le contrôle d'inspecteurs vétérinaires».
Ces interpellations devaient s'accompagner de perquisitions au siège de négociants en viande et, dans une moindre mesure, dans des abattoirs, avec la participation de la Brigade nationale des enquêtes vétérinaires et phytosanitaires.

Des recherches ont également été diligentées dans des locaux de Sanofi ainsi que dans un abattoir de Gérone (Espagne), de l'autre côté de la frontière.

Chevaux de centres équestres et de laboratoires
Du côté de l'enquête, on précise. «On avait le cheval du particulier en centre équestre par exemple, qui devait finir sa vie paisiblement dans un pré et qui la termine à l'abattoir alors qu'il a reçu des traitements médicamenteux le rendant impropre à la consommation», a témoigné une source proche des investigations, «et puis on avait le cheval de laboratoire, avec deux cas de figure. Soit il servait à des prises de sang pour la fabrication de vaccins; soit il était cobaye dans la recherche»«Cela ne veut pas dire qu'il y ait eu un risque pour le consommateur, mais de toute façon, ces chevaux n'auraient jamais dû se retrouver dans l'assiette du consommateur» a-t-elle dit.

L'opération, réalisée dans le cadre d'une information judiciaire conduite à Marseille, mobilise une centaine de militaires, a précisé la gendarmerie. Elle s'est déployée principalement dans le sud de la France, en Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Midi-Pyrénées.
«Il s'agirait cette fois d'un problème sanitaire», selon Benoît Hamon

Le ministre de l'Economie solidaire et de la Consommation a réagi sur l'antenne de la radio RTL : «Il s'agirait de chevaux impropres à la consommation, qui devaient finir chez l'équarrisseur et qui potentiellement finiraient chez le boucher» a précisé Benoît Hamon. Dans l'affaire Spanghero «on vendait du cheval à la place du bœuf, se souvient le ministre, on était dans la tromperie commerciale. Là il pourrait s'agir d'un problème sanitaire, c'est différent de ce que l'on a connu».«La vigilance est toujours de mise dans la commercialisation de la viande de cheval» a rappelé Benoît Hamon. «Les services viande et poisson sont sous surveillance, pour redonner de la confiance en ce que l'on mange» a-t-il ajouté. Guillaume Garot , le ministre délégué à l'Agroalimentaire : «impossible de dire s'il y a risque sanitaire»
 
«A ce stade, rien ne permet de dire qu'il y a un problème sanitaire», a déclaré le ministre. Par ailleurs, interrogé sur un lien éventuel entre ce trafic et un précédent révélé fin août, Guillaume Garot s'est refusé à établir toute corrélation. «C'est précisément, l'objet de l'enquête», a-t-il dit.  «Nous avons agi pour mettre sous pression ces filières afin de mettre à jour les pratiques frauduleuses (...). Nous avons créé un nouvel état d'esprit qui est de dire: «stop aux fraudes», s'est félicité le ministre délégué à l'Agroalimentaire.»
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