Alors que deux procureurs, accompagnés de trois policiers, ont voulu perquisitionner ce 4 février, à 11h10, les locaux de Mediapart dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet pour notamment atteinte à la vie privée de d'Alexandre Benalla après leurs révélations de la semaine précédente, le média en ligne a tenu ce même jour une conférence de presse.
Lire aussi : Affaire Benalla : tentative de perquisition dans les locaux de Mediapart
La conférence de presse de @mediapart démarre. pic.twitter.com/OxYQlY7H6S
— Julie Escamez (@julie_escamez) 4 février 2019
«Un commissaire divisionnaire de la brigade criminelle est venu avec d’autres policiers frapper à la porte du journal en nous disant : "Monsieur, c’est une perquisition." Ce n’est jamais arrivé dans l’histoire de Mediapart», a notamment expliqué Fabrice Arfi, patron du pôle enquête du site et l'un des auteurs des révélations de l'affaire Benalla-Crase.
Nous vivons une époque où il faut défendre l'honneur de la presse tout le temps
Fabrice Arfi a estimé que «l’habillage dont se revêt le parquet de Paris» n’avait «qu’un seul but : trouver les sources de Mediapart». Il a poursuivi : «La panique est forte au plus haut sommet de la République.» «Il était convenu que nous remettrions à une justice indépendante les éléments qui étaient en notre disposition.
«Cependant, le procureur de Paris, nommé récemment, choisi par Monsieur Macron lui-même, a choisi de venir perquisitionner un journal», a de son côté tancé Edwy Plenel, patron du journal.
« Il était convenu que nous remettrions à une justice indépendante les éléments qui étaient en notre disposition. Cependant, le procureur de Paris, nommé récemment, choisi par Monsieur Macron lui-même, a choisi de venir perquisitionner un journal » #mediapart
— Julie Escamez (@julie_escamez) 4 février 2019
«Au lieu de se préoccuper du fond, le parquet de Paris s’empare de la forme, en arguant de la protection de la vie privée d'Alexandre Benalla. Alors qu’on parle d’une affaire d’Etat», a-t-il poursuivi.
C’est une dérive que nous dénonçons
Il a par ailleurs tenu à rappeller qu'il y avait «des faits dont la justice est saisie par des juges d'instruction sur Monsieur Benalla» et déploré cette «manœuvre du parquet» qui «dépend du pouvoir exécutif» avant de conclure : «Nous vivons une époque où il faut défendre l'honneur de la presse tout le temps.»
« Au lieu de se préoccuper du fond, le parquet de Paris s’empare de la forme, en arguant de la protection de la vie privée de Alexandre Benalla. Alors qu’on parle d’une affaire d’Etat » #mediapart
— Julie Escamez (@julie_escamez) 4 février 2019
En conclusion, le patron et fondateur de Mediapart a livré son analyse concernant ce qu'il estime être une «dérive». « On met en cause le droit de manifester. On empêche les gens de protester, de défendre leur cause. Il n’y a qu’un pas jusqu’à malmener la liberté de la presse. C’est une dérive que nous dénonçons», a-t-il ainsi tancé.
Enregistrer un commentaire
Réagissez vite