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Chemin faisant, sur son parcours d'«itinérance mémorielle», le président de la République française Emmanuel Macron avait livré son sentiment sur Philippe Pétain et les commémorations du centenaire de l'Armistice, après avoir été interpellé par un passant le 7 novembre, déclenchant au passage une vive polémique.

Le jour-même, une mission d'extinction de ce départ d'incendie médiatique a visiblement été lancée. Le compte Twitter de l'Elysée, la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa et le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux sont ainsi montés au créneau pour corriger le tir sur les réseaux sociaux tout en tentant de restaurer une impression de cohérence sur la question... Un exercice de communication politique de haut vol, en somme, même si, sur les noms des maréchaux honorés ou honorables, le doute demeure.

L'Elysée a fait savoir, en début de soirée le 7 novembre : «Comme indiqué à plusieurs reprises ces derniers jours, le samedi 10 novembre ne seront honorés que les maréchaux présents aux Invalides : Foch, Lyautey, Franchet d’Esperey, Maunoury et Fayolle.»

Marlène Schiappa a dit peu ou prou la même chose en saupoudrant sa déclaration d'une pincée d'indignation : «Stop aux contresens ! Le Maréchal Pétain, traître à la patrie, a été condamné à l’indignité nationale. Le président de la République ne va PAS le célébrer. Samedi, seuls les Maréchaux aux Invalides recevront un hommage: Foch, Lyautey, Franchet d’Esperey, Maunoury, Fayolle.»

Pas d'hommage prévu à Pétain, assure Griveaux

Autre surprise : dans une publication sur son compte Facebook, plus tard dans la soirée du 7 novembre, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux a pour sa part trouvé un autre maréchal à honorer : Joseph Joffre. Dans la journée encore, il n'était pourtant question que de cinq maréchaux inhumés aux Invalides qui seraient «nommément honorés», de l'aveu du porte-parole des armées Patrik Steiger. Il y en aurait désormais six, selon le porte-parole du gouvernement, qui écrit : «Les maréchaux dont l’honneur n’a pas été entaché, ceux-là, et ceux-là seuls, recevront l’hommage de la République : Foch, Joffre, Lyautey, Franchet d’Esperey, Fayolle, Maunoury. Pas Pétain, qui a été frappé d’indignité nationale pour avoir collaboré avec la barbarie nazie de façon odieuse et criminelle.»

Selon Benjamin Griveaux, ce ne seraient donc plus les huit maréchaux de la Première Guerre mondiale qui seraient honorés, ni les cinq enterrés aux Invalides, mais bien six en ajoutant Joffre, sans Pétain donc... Quid du septième ? Le maréchal Gallieni a été élevé au maréchalat à titre posthume en 1921, mais pour ce qui est de son absence des commémorations, on ne peut que spéculer, en l'absence de communication officielle : si ses états de services au cours de la Première Guerre mondiale sont reconnus, il est aussi retenu dans l'histoire pour avoir réprimé dans le sang toute vélléité indépendantiste sur l'île de Madagascar entre 1896 et 1905  (colonie française à l'époque) alors qu'il en était gouverneur.

Le 7 novembre, en marge de son «itinérance mémorielle», selon le terme de l'Elysée, Emmanuel Macron déclarait : «Le maréchal Pétain a été pendant la Première Guerre mondiale aussi un grand soldat. [...] On peut avoir été un grand soldat la Première Guerre mondiale et avoir conduit à des choix funestes durant la Deuxième [...] C'est aussi la victoire d'une Armée française et de ses maréchaux. Donc il est normal de les célébrer et de permettre à l'armée française de le faire.»

Une nouvelle polémique s'ajoutait à une autre, qui enflait depuis le mois d'octobre sur le sujet des hommages qui seraient ou non rendus aux maréchaux, aux généraux et aux poilus de la Grande Guerre. Après cette sortie ambiguë du chef d'Etat, les commentateurs et les politiques se sont en effet émus qu'on puisse rendre hommage au maréchal Pétain, en raison de son rôle de collaboration avec l'Allemagne nazie au cours de la Seconde Guerre mondiale à partir de 1940.

L'hommage très sobre qui sera rendu aux Invalides le 10 novembre sera conduit par le chef d'état-major des armées, le général François Lecointre. Selon les informations du Figaro, invité par l'état-major, Emmanuel Macron a exclu de participer à la cérémonie et enverra à sa place son chef d'état-major particulier, l'amiral Rogel.

Lire aussi : De Mélenchon à Philippot, Macron vertement critiqué pour son hommage au «grand soldat» Pétain





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