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Entendu ce 23 juillet par la commission des lois de l'Assemblée nationale transformée en commission d'enquête, le ministre de l'Intérieur, appelé à la démission par des personnalités de droite comme de gauche, s'est défendu vigoureusement dans un propos liminaire, avant d'être soumis au feu nourri des questions des députés.

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Collomb évoque le contexte violent du 1er mai, de «l'enfumage» selon Corbières

Si le ministre de l'Intérieur a préféré insister sur les violences liées à «l'ultragauche» et la menace terroriste pour définir le contexte des manifestations du 1er mai 2018, les députés de l'opposition ont cependant concentré leurs questions sur les conditions dans lesquelles les écarts d'Alexandre Benalla ont pu être commis et sur les suites qui ont été apportées à cette affaire au plus haut sommet de l'Etat. Gérard Collomb a conservé autant que possible sa ligne de défense au cours de toute l'audition.

Interrogé au sortir de la commission, le député de La France insoumise Alexis Corbières y a vu un exercice d'«enfumage» de la part du ministre de l'Intérieur. Le député Les Républicains Eric Ciotti a pour sa part évoqué des mesures «dilatoires».

Collomb assure que ce n'était pas son rôle d'agir

Interrogé sur le chapitre de l'article 40 du code pénal qui précise que la non-dénonciation de délit de la part d'un fonctionnaire dépositaire de l'autorité publique constitue à son tour un délit, Gérard Collomb a renvoyé la responsabilité de la dénonciation des agissement d'Alexandre Benalla vers le préfet de police, Michel Delpuech et le directeur de cabinet de la présidence, Patrick Stzroda. Ce dernier, âgé de 66 ans, devait quitter ses fonctions au mois d'octobre 2018, selon les informations de L'Obs.

L'article 40 du code de procédure pénale précise : «Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République.»

A ce sujet, Gérard Collomb a fait savoir au cours de l'audition : «C'est mon directeur de cabinet qui a contacté le directeur de cabinet de l'Elysée et pour moi les choses étaient traitées.»

Concernant la responsabilité du préfet de police de Paris, la question reste en suspens de savoir comment et pourquoi Alexandre Benalla était équipé le 1er mai d'un brassard de police et d'une radio branchée sur le canal Acropole, celui de la police.

Collomb a-t-il évoqué le dossier avec Macron au cours du week-end ?

A la question qui a été posée à Gérard Collomb de savoir s'il avait évoqué l'affaire Benalla entre le 20 et le 22 juillet, le ministre de l'Intérieur a répondu : «J'ai rencontré le président ce week-end, nous avons parlé le moins possible des faits, [il] était plutôt préoccupé par l'avancement de la réforme constitutionnelle.»

Une police parallèle ? Collomb nie en bloc

Concernant les nombreuses interrogations des députés, notamment dans les rangs du Rassemblement national, à propos de la création d'une «police parallèle» autour de la personnalité d'Emmanuel Macron, qui serait dégagée de toute implication du ministère de l'Intérieur et à laquelle aurait pris part Alexandre Benalla, Gérard Collomb a nié toute existence d'une telle police. Il a certifié qu'au contraire ses recommandations au sujet de la refonte du Groupe de sécurité de la présidence de la République avaient été prises en compte par l'Elysée : en l'espèce, selon ses dires, Gérard Collomb avait préconisé que le ministère de l'Intérieur conserve toute prérogative concernant ce service.

A ce sujet, les députés de l'opposition ont déploré l'insuffisance des réponses apportées à ce sujet.

Lire aussi : Pas décidé à servir de fusible ? Collomb pointe le cabinet de l'Elysée dans l'affaire Benalla





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