Leur retrait est-il le signe que les puissances belligérantes étatiques reprennent la main directement dans le nord de la Syrie ? Composante majeure des Forces démocratiques syriennes (FDS), les Unités de protection du peuple kurdes (YPG) ont annoncé ce 5 juin le retrait de leurs conseillers militaires de la ville de Minbej ce 5 juin. La décision fait suite à un accord passé la veille entre ces YPG et les Etats-Unis et la Turquie.
Dans cette même annonce, les YPG affirment que leurs combattants avaient déjà évacué la ville stratégique en 2016, et que ne seraient restés jusque-là seulement des «conseillers».
Reprenant toujours plus directement la main en Syrie, aux dépens des groupes armés rebelles, les Etats-Unis ont établi, en février 2018 d'après Reuters, une nouvelle base dans la ville de Minbej, qui contrôle la partie ouest d'un territoire qui s'étend à l'est du fleuve Euphrate, jusqu'en Irak. Washington avait pour objectif de répondre aux menaces du président turc, Recep Tayyip Erdogan, de lancer une offensive contre les combattants kurdes. La Turquie s'oppose avec vigueur depuis le début du conflit syrien à la constitution d'un Kurdistan syrien à ses frontières et accuse les YPG d'entretenir des liens étroits avec le Parti des travailleurs kurdes (PKK). D'après l'agence de presse turque Anadolu , cette nouvelle base américaine abriterait également des soldats français. En avril dernier, Recep Tayyip Erdogan accusait la France d'«encourager les terroristes».
Alors que Damas considère que les Occidentaux sont intervenus en Syrie sans mandat et en violation du droit interational, Bachar el-Assad a déclaré, dans une interview accordée à RT fin mai, son intention de reprendre les territoires sous contrôle de la coalition arabo-kurde emmenée par les YPG. Le Pentagone a répliqué qu'il ne quitterait pas le pays et s'est dit prêt à riposter.
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