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L’enquête que viennent de boucler les juges d’instruction parisiens Patrick Gachon et Hervé Robert réunit un casting de choix pour un dossier non moins conséquent. On y trouve pêle-mêle des dizaines de kilos de cocaïne, une princesse du Golfe, des voyous de haut vol et, pour pimenter le tout, un grand flic qui se brûle les ailes.

Une enquête dont le point d’orgue est la découverte, en novembre 2010, de 111 kg de cocaïne dans l’appartement d’une princesse saoudienne à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Mais une procédure qui va aussi, au passage, révéler les liaisons incestueuses du commissaire Neyret, l’ancien no 2 de la PJ de Lyon, avec le grand banditisme.

Le 27 novembre dernier, les deux magistrats ont renvoyé devant le tribunal huit personnes, dont deux femmes, pour leur participation, à des degrés divers, à des faits d’importation et de trafic de stupéfiants et d’association de malfaiteurs. Le volet blanchiment de l’enquête, lui, se poursuit.

Un bon tuyau

Au mois d’octobre 2010, les enquêteurs de la brigade des stups sont destinataires d’un renseignement qui les oriente vers un trafiquant baptisé le Renoi (« le Noir » en verlan). Ils identifient très vite une vieille connaissance introuvable : Gilles Tepie. Cet Antillais de 41 ans a notamment été condamné en 2002 à sept ans de prison et 3,15 M€ d’amende pour un trafic portant sur plusieurs centaines de kilos de poudre blanche. En 2008, il a également été condamné par défaut à quinze ans de prison pour complicité dans l’assassinat d’un jeune boxeur thaï.

Une équipe très structurée

Grâce à de nombreuses écoutes téléphoniques et filatures, les policiers parviennent progressivement à mettre au jour le fonctionnement d’une équipe pourtant très méfiante. Gilles Tepie est présenté comme l’organisateur. Il se repose notamment sur Hussein Saïd Hussein, son « intermédiaire » dont il est très proche. Issu d’une famille aisée, ce gérant d’une société de location de véhicules âgé de 39 ans est par ailleurs chargé de l’intendance de la famille royale saoudienne lors de ses déplacements en France.

« La Mère Denis » du blanchiment

Dans le rôle de « l’investisseur » présumé du trafic, on retrouve une autre pointure : Yannick Dacheville, 33 ans. Ce Mosellan est soupçonné d’avoir fait fortune dans les très lucratives arnaques à la taxe carbone. Propriétaire de nombreux biens immobiliers, il voyage sans cesse, grâce à de faux papiers, entre le Panama, les Etats-Unis et les Emirats arabes unis. Selon un voyou, il est surnommé « Mère Denis la lessiveuse, tellement il blanchissait d’argent ».

Les policiers vont aussi découvrir avec stupéfaction qu’il est en lien avec l’un des leurs, le commissaire Neyret, qui lui fournit des informations sur l’enquête en cours contre des cadeaux (le policier est toujours mis en examen dans le cadre de l’information judiciaire ouverte après la découverte de ces agissements. Il a été révoqué de la police).

La livraison

Le gros coup est fixé au 26 novembre 2010. Ce jour-là, un passeur vénézuélien atterrit à Paris avec de volumineux bagages et se rend dans un luxueux hôtel de Neuilly. Selon ses déclarations, il reçoit alors un appel l’intimant de laisser la porte de sa chambre ouverte et de se cacher dans la salle de bains. Il entend la voix de deux hommes et, à sa sortie quinze minutes plus tard, la cocaïne a disparu. Sur le lit, 2000 €. Les policiers sont en planque toute la journée. Le soir venu, ils tentent d’interpeller Gilles Tepie et Hussein Saïd Hussein qui ont été aperçus dans ce fameux hôtel. Mais les deux hommes s’enfuient.

C’est en apprenant que Saïd Hussein assure l’intendance de l’appartement d’une princesse saoudienne que les enquêteurs se rendent sur place et découvrent les 111 kg. Les différentes interpellations auront lieu en plusieurs vagues. De grosses sommes d’argent seront découvertes en perquisition. Malgré les soupçons, les prévenus s’efforcent de minimiser leur rôle. « Mon client a toujours dit qu’il était le dindon de la farce dans cette histoire et qu’il n’avait jamais participé à ce trafic », insiste Me Jean-Christophe Tymoczko, un des avocats d’Hussein Saïd Hussein.

Les gros poissons manquent à l’appel

Bien que renvoyés devant le tribunal, les deux principaux suspects échappent, pour l’heure, à la justice française. Interpellé au Venezuela en mai 2011 dans un appartement où seront découverts 48 pains de cocaïne, Gilles Tepie a été condamné sur place à une peine de « seize ans, deux mois, vingt-deux jours et douze heures ». Cependant, certaines sources indiquent qu’il pourrait être sorti de prison. « Ça fait longtemps que je n’ai pas eu de nouvelles », relate son avocat, Me Eric Dupond-Moretti.

Quant à Yannick Dacheville, son destin est encore plus rocambolesque. Arrêté à Dubaï en juillet 2011 puis placé sous écrou extraditionnel, il a bénéficié d’une remise en liberté sous caution deux mois plus tard. Alors que la demande des autorités françaises avait bel et bien été envoyée, elle a « mystérieusement disparu ». La fortune de Dacheville ne serait pas étrangère à cette disparition opportune. Depuis, difficile de connaître avec précision sa situation juridique à Dubaï. « Je ne sais pas où il en est », balaye son avocat, Me Michel Konitz. Les juges parisiens ont peu de chance de le voir réapparaître.






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